mardi, 17 août 2010
Je ne veux pas de cette société pour mes gosses
J'avais prévu de faire un chtite billet sur le pauvre sénateur Alain Lambert pris en pseudo flag' de twittage pendant la messe dominicale par un journaliste pisse-copie de Ouest-France. Idée sympa de prime abord. Je montre que je ne suis pas un gauchiste sectaire en apportant mon soutien à un élu UMP. Je brocarde une certaine presse quotidienne en mal de sensationnalisme et, en contre-point, je vante le retour du journalisme d'investigation via mediapart (abonnez-vous tudieu !) et autres Rue89. Enfin, je montre que je suis un militant, un élu "aware" puisque twittos bon teint.
Ouais, j'aurais pu pondre ce billet facile en 5 minutes chrono... Sauf qu'au petit dej', mes gamins (7, 8 et presque 11 ans) m'ont branché sur Sarkozy et son discours xénophobe. A la maison, on commente l'actualité en famille... Bref, Jocelyn (l'aîné) me balance "mes copains y sont blacks, beurs et chinois, est-ce que ça veut dire que bientôt ils seront considérés comme moins français que nous ?". Argh ! La vérité sort toujours de la bouche des enfants... Et les trois kids d'embrayer un couplet sur le fait que c'était injuste de faire une différence entre ceux qui ont des parents purs saucissons et les autres. Pas un seul instant, il n'a été question des signes extérieurs de l'altérité : le délit de faciès, ça n'existe pas chez des enfants qui se meuvent depuis toujours dans une vie quotidienne qui brasse les cultures et les origines. Car c'est ça Bondy. C'est ça la France des quartiers populaires. C'est ça une jeunesse qui avec le web, les voyages, souvent des origines familiales hors de France, envisage la société comme une société monde, une ville monde, une France monde.
Mes enfants, ce matin, m'ont fait, plus que jamais, saisir l'essence même de la pensée politique de Nicolas Sarkozy et ses affidés : le repli sur soi, la peur de l'autre, le clivage des générations, la violence verbale, psychologique et physique comme mode d'exercice de l'autorité. Ce n'est pas un hasard si, aujourd'hui même, l'éditorial du Monde rejette avec virulence ce mode d'exercice du pouvoir et si The Times titre sur les méthodes gestapistes du gouvernement français vis à vis des Roms. Je ne veux pas de ce modèle de société pour mes gosses, nous n'en voulons plus ! La France est multi ethnique et il ne faut pas laisser le caporalisme sarkoïde défigurer cette société riche de ses diversités !
Pendant ce temps, Barack Obama défend avec courage l'idée d'une mosquée pas loin de Ground Zero...
Publié dans C'est la vie, Homo Politicus | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : xénophobie, gestapo, violence d'état, sarkozy, obama, alain lambert, laurent quinet |
|
jeudi, 05 août 2010
Une France de propriétaires qu'il disait
Août 2007, dans la précipitation, la loi TEPA (pour Travail, Emploi et Pouvoir d'Achat) était adoptée au nom du "travailler plus pour gagner plus" du candidat Sarkozy. Souvenez vous, entre autres, de la défiscalisation des heures supplémentaires, du bouclier fiscal et de la déductibilité des impôts des intérêts d'emprunt immobilier.
La défiscalisation des heures supplémentaires, c'était du pipeau : usine à gaz, pas d'heures sup. si l'employeur n'a pas de commandes à honorer et effet néfaste sur l'emploi puisque éviction des recrutements au profit du recours aux heures supplémentaires.
Le bouclier fiscal a été mis en place au nom d'une théorie fumeuse dite du "ruissellement" : on favorise les riches en leur garantissant un impôt plafond à 50% maxi (CSG/RDS compris), ils deviennent encore plus riches, maintiennent leurs avoirs en France plutôt que de les planquer dans un paradis fiscal et par une opération du saint esprit de la redistribution font bénéficier de leur largesse toute l'économie nationale. Pipeau bimbo !! L'évasion fiscale n'a pas été jugulée (il est où Johnny ?). Le bouclier ne sert à rien quand on profite des services d'un as de l'optimisation fiscale, ce qui permet à Mamie Liliane d'être imposée au taux ridiculement bas de 9,5% (comme un cadre moyen) !!
Quant à la défiscalisation des intérêts d'emprunt, elle sera purement et simplement supprimée en raison de son coût (1,6 milliards cette année et 2,6 milliards prévus en 2013) pour une efficacité quasi inexistante. En effet, les classes moyennes et ouvrières n'ont pu en profiter puisque les prix du marché de l'immobilier français sont restés trop élevés faute d'une offre suffisante de logements neufs. En fait, cette mesure avait essentiellement profité aux ménages riches, seuls capables d'acheter un bien au prix fort. A noter qu'un prêt à taux zéro (PTZ) sans condition de ressources viendra se substituer au dispositif supprimé. Ce gouvernement aime vraiment les classes les plus aisées puisque l'absence de conditions de ressources, assortie d'un bonus pour les acquisitions dans les zones les plus chères (par ex. les beaux quartiers parisiens), leur permettra d'en profiter pleinement. Pour les classes moyennes, les petits salaires, il ne reste plus que le logement social. Bien conscients du problème, malgré la faiblesse de nos moyens, à Bondy, nous continuons de favoriser le développement de programmes d'habitat social de qualité, accessible au plus grand nombre. Une France de propriétaires qu'il disait...
Publié dans Homo Politicus | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : sarkozy, tepa, ptz, classes moyennes, laurent quinet |
|
mercredi, 04 août 2010
Woerth plus que jamais Ministre des rentiers

Lecture de Libé ce matin : en 2008, Eric Woerth a consenti 27 millions d'euros d'allègements fiscaux dans le cadre de la succession du Sculpteur César.
Laissons la parole à la défense...
Selon le Cabinet de Woert, « l'article du journal Libération sur la succession du sculpteur César, qui avait déjà été l'objet d'un article du même journal il y a plus de deux ans, est gravement erroné dans son contenu. Dans ce dossier, Eric Woerth, lorsqu'il était ministre du Budget, a strictement suivi la proposition de l'administration fiscale, qui elle même tirait les conséquences d'une décision de justice. Contrairement aux insinuations et aux erreurs de l'article du journal Libération, tout a été fait dans le respect du droit fiscal. Sur ce sujet comme sur d'autres, il ne suffit pas de prétendre qu'il y a une “affaire” pour que ce soit le cas. »
Antoine Chatain, avocat d'Alain-Dominique Perrin (exécutant testamentaire de César), indique quant à lui : « Compte tenu du caractère majeur de l'oeuvre de César, il n'y a rien d'étonnant à ce que des discussions aient pu avoir lieu au plus haut niveau de l'Etat, et ce sans qu'aucune conclusion puisse en être tirée. »
...Avant de tirer, une fois de plus, sur l'ambulance Woerth.
Ne croyez pas que je prenne la défense du Ministre de l'optimisation fiscale des riches rentiers de la République. En fait, ça en devient lassant de tirer à boulets rouges sur lui. Il s'accroche désespérément à une position intenable car si la digue Woerth cède, tout le "Sarko système" s'écroulera. D'où toujours cette même antienne psalmodiée à l'envie depuis deux mois : « ce ne sont que des allégations sans fondement. » Technique de l'Autruche qui ne résiste pas à l'épreuve des faits. Toutes les affaires mises au jour par la Presse (qui semble, soit dit en passant, enfin sortie de sa torpeur des 3 premières années de Sarkozye) repose sur des éléments tangibles, recoupés, démontrés et parfois validés par décision de justice (les écoutes dans l'affaire Bettencourt).
Pour le cas spécifique de la succession Cesar, la défense d'Alain-Dominique Perrin, Président de la Fondation Cartier et généreux donateur de l'UMP (il a reçu la Légion d'Honneur en 2009; toute similitude avec des faits démontrés dans une autre affaire étant purement fortuite, hein ?) est par ailleurs totalement disqualifiée. En effet, le dégrèvement de 27 millions d'euros serait justifié au regard du caractère majeur de l'oeuvre de César. Les rentiers de l'Etat UMP osent tout ! C'est d'ailleurs à ça qu'on les reconnait... Ainsi, parce que César était un artiste de renom, dont le talent fut reconnu mondialement, il faudrait que ses héritiers bénéficient de largesse de l'Etat et donc du contribuable (qui paie pour ceux qui ne paient pas) !? Ah, je ne savais pas que sa veuve, sa maîtresse et sa fille (les héritiers) avaient toutes travaillé d'arrache-pied dans les ateliers du maître pour l'aider à concevoir ses sculptures. A moins qu'il y ait une niche fiscale qui reconnaisse le statut particulier au regard de l'impôt des Muses d'artistes ? Nous sommes, une fois de plus, en plein foutage de gueule.
Au-delà de ce nouvel épisode lamentable de la chronique quotidienne de la Sarkozye, quelle conclusion politique en tirer ? Je crois profondément qu'il faut désormais combattre de toutes nos forces les déviances du capitalisme des rentiers, des héritiers et des privilèges. Dans la perspective de 2012, il est de la responsabilité des forces politiques de gauche et de progrès de nous proposer un projet qui en finisse avec cette société des inégalités croissantes promue, voulue par le néoconservateur Sarkozy.
Publié dans Homo Politicus | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : woerth, césar, sarkozy, capitalisme de la rente, laurent quinet |
|
samedi, 31 juillet 2010
Traité de tératologie en Sarkozye

La tératologie (du grec τέρᾰς, monstre et logos, science) est l'étude scientifique des malformations congénitales. Elle est l'étude des monstres, ce terme étant ici à prendre selon sa définition dans les sciences de la vie (être vivant présentant une importante malformation). Il vient d'ailleurs du latin monstrum qui signifie « prodige ayant une valeur de présage », du fait de l'interprétation qui en était faite. (Source : wikipédia)
Les embouteillages parisiens ont au moins ça de bien : il est possible de profiter pleinement de bonnes émissions radiophoniques. Jeudi dernier, j'écoutais donc les persifleurs du mal sur France Inter où il était question de tératologie. Il fut question notamment du succès planétaire du Freakshow de Barnum au 19ème siècle. Avec l'actualité politique récente du Sarkozysme, je ne peux m'empêcher de faire une analogie avec le goût de la société du 19ème pour la monstruosité humaine. Franchement, le gouvernement et l'UMP ressemblent de plus en plus à un gigantesque FreakShow politique. Malheureusement, il n'y a pas de quoi en rire...

Nous avons droit chaque jour au défilé des monstres du Sarkoshow. Mais ici, pas de femme à barbe (quoique...), de nain (heu... joker ! #^_^#) ou de frères siamois. Plutôt du cynisme, de la stigmatisation, xénophobie et clivage.
Cynisme...
L'affaire Woerth est désormais une affaire Sarkozy. Woerth est, certes, pris la main jusqu'au coude dans le pot de confitures pour conflit d'intérêt et trafic d'influence. Mais la vraie question est désormais centrées sur les possibles contournement de la loi sur le financement des partis politiques pour la campagne de 2007. Nous nageons en pleine affaire d'état. Il est donc plus qu'urgent pour le leader de la droite de détourner l'attention des médias et de l'opinion. Les évènements de Grenoble et Saint-Aignan lui ont fourni l'occasion rêvée. Pauvres roms, pauvres immigrés, pauvres français d'origine étrangère vous êtes les bouc-émissaires "parfaits". Il y aura des dommages collatéraux, mais qu'importe. Il s'agit de sauver la peau du soldat Woerth et de son commandant en chef.
Stigmatisation...
La ligne jaune a été allégrement franchie hier lors du discours de Grenoble. Déchoir de la nationalité française les coupables de certains crimes graves ? Je vous épargne le débat de droit constitutionnel. Le fond du problème n'est pas là. Le vrai sujet, l'unique sujet, c'est le terrible raccourci :
criminalité = immigration
Sarkozy est bien le fils spirituel de Jean-Marie Le Pen. En 2007, Sakozy se vantait d'avoir siphonné le FN : menterie, les thèses du FN ont été incorporées. Le ministère de l'immigration avait jeté le doute... Le discours d'hier a dévoilé le visage de la bête immonde de la xénophobie de cette droite.
Xénophobie...
Sarkozye a un problème avec la nationalité française. Est-ce son statut de fils d'immigré hongrois qui le pousse à en rajouter ? Je ne vais pas me lancer dans une psychanalyse de comptoir mais il est sûr qu'il y a un fort courant xénophobe dans la doctrine sarkozyste. Xénophobie portée sans vergogne par ses plus fidèles zélateurs. Souvenez vous de la petite phrase de Hortefeux. Ou encore l'anonyme député Lionel Tardy (qui, espérons le, retournera bien vite dans son anonymat) pris en flagrant délit, par Dominique Robert, de propos "borderline" sur twitter pendant la finale du sprint masculin des championnats d'Europe d'Athlé. Cette xénophobie, c'est celle des ghettos de riches comme Neuilly-sur-Seine. La xénophobie de l'entre-soi. La peur de ce qui est différent, différent par sa couleur de peau, par sa situation sociale, par son mode de vie, par ses références culturelles. Cette différence, il faut l'éradiquer, à tout le moins l'effacer, la repousser en dehors de son espace vital. Cette abjection politique va être le leitmotiv du candidat Sarkozy dans sa course vers 2012.
Clivage...
Hé oui, ce 30 juillet 2010 restera comme la date de lancement officieux de la campagne électorale du candidat Sarkozy pour les présidentielles 2012. La stratégie est claire : une candidature unique à droite (en tuant de Villepin et en faisant retourner à la niche Bayrou) qui doit faire le plein de voix à droite et à... l'extrême droite. Le but ? Basculer en tête au 1er tour pour enclencher une dynamique favorable de l'entre-deux tours et gagner l'élection face au candidat de la gauche. Pour cela, il va falloir cliver encore et toujours. Les thèmes seront la sécurité et l'immigration. C'est nauséabond mais c'est éminemment dangereux. Car la France des beaux quartiers, la France des personnes âgées, la France des affaires et du business sera rassurée (intoxiquée ?) par ce discours. Cette France là vote massivement. La France moderne, celle de l'avenir, jeune, diverse, qui développera les zones les plus pauvres car c'est là que seront les relais de la croissance future. Cette France là pourrait se sentir moins concernée par l'enjeu de 2012. Sarkozy y compte bien pour asseoir son futur succès. Je suis pessimiste ? J'espère bien me tromper...
Publié dans Homo Politicus | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : tératologie, xébophobie, sarkozy, 2012, dominique robert, laurent quinet |
|
jeudi, 29 juillet 2010
Les roms : le cynisme de Sarkozy & co. sans limite
Plus de 400 000 gens du voyage sont recensés en France selon un rapport de 1990 : 95 % d'entre eux sont des Français et un tiers des nomades. Les Roms, qui sont des Tziganes de nationalité roumaine, bulgare et d'Europe centrale, forment une minorité, 20 000 âmes tout au plus. Une minorité qui vit le plus souvent des situations d'une extrême précarité matérielle et professionnelle. A Bondy, en juin 2009, sur les quais du canal de l'Ourcq, une communauté s'était installée dans des conditions déplorables (absence d'eau potable, abris en cartons de récupération, aucune évacuation des détritus). A cela s'ajoutaient les passants qui les dévisageaient avec mépris, les riverains qui voulaient les voir partir au plus vite par peur de la mendicité et du vol. Inutile de vous dire que leur expulsion par les forces de l'ordre s'était faite manu militari...
Pourtant, ces gens extrêmement pauvres n'ont strictement rien à voir avec les responsables des exactions de Saint-Aignan. Ces gens ne possèdent pas de grosses voitures allemandes et sont bien en peine de frauder le fisc puisqu'ils sont dans une situation de total dénuement. Mais voilà, dans son cynisme politicien si caractéristique, Sarkozy, accompagné de ses affidés Hortefeux, Besson et Lellouche a tout de suite vu l'aubaine électoraliste et populiste. Les "honnêtes gens" ont toujours peur des voleurs de poule tziganes, c'est tout bon pour rameuter l'opinion publique droitiste, frontiste et réac'. On serre les rangs bien à droite et on jette un énième écran de fumé sur le mode de ce que l'on a connu avec l’identité nationale, les petites phrases scandaleuses de plusieurs membres du gouvernement et la burqa.
Qu'importe. La Mère Michu votera en 2012 pour bouter hors de France ceux qui volent le pain des bons français. Et qu'importe que Sarkozy serve cette soupe immonde depuis 2002 sans effet positif notable sur la tranquillité publique, il s'agira de siphonner encore les voix du FN. Madame Michu vous dira d'ailleurs que "lui au moins il essaie de faire quelque chose mon bon monsieur, c'est pas comme ces gauchistes pédés, bobos, black et beurs."
Et en 2007, Sarkozy avait su séduire le monde ouvrier avec son "travailler plus pour gagner plus". En 2012, il ne pourra pas servir de nouveau cette fable. Mais, il pourra leur expliquer qu'il est le dernier rampart contre ces tziganes en Mercedes, eux qui ont des fins de mois difficiles. L'autre, celui qui est différent, c'est le danger, l'ennemi. Un tel cynisme abject, en temps de crise, ça peut être une "bonne" planche de salut électoral. Qu'importe que les gens du voyage qui ont des voitures allemandes et des caravanes soient français, paient des impôts et ont des activités professionnelles déclarées. L'amalgame aura été fait. Au fait, tracter une caravane avec une Twingo, vous avez essayé ?
Toutefois, il ne faut pas nier certaines difficultés. Les familles de gens de voyage s'installent parfois où elles peuvent, sur des terrains sauvages, un triangle d'autoroute ou un stade de foot. Ou alors elles restent sur l'aire d'accueil pour ne pas se faire piquer la place, comme il manque des places ailleurs. Les maires ensuite ne comprennent pas : gens du voyage ou sédentaires ? Ces populations veulent rester mobiles pour des raisons culturelles et économiques. Il faudrait alors mieux appliquer la loi Besson de 1990 (du nom de Louis Besson, le ministre du logement de l'époque) sur les aires d'accueil. Or, par rapport aux objectifs du législateur, on est à 40% de réalisation au bout de 20 ans...
Publié dans C'est la vie, Homo Politicus | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : roms, sarkozy, hortefeux, besson, lellouche, bondy, laurent quinet |
|
vendredi, 23 juillet 2010
Ni Grenelle de la sécurité, ni Ministre de l'Intérieur rouleur de mécaniques
Elu local en Seine-Saint-Denis, citoyen vivant en Seine-Saint-Denis, père élevant de jeunes enfants en Seine-Saint-Denis, je me sens concerné au plus au point par la réouverture du débat sur la sécurité dans le prolongement des faits divers de Grenoble et Saint-Aignan. Or les termes du débat, à droite comme à gauche, me font craindre qu'une fois encore on ne traitera pas les racines du mal.
A droite. Sarkoshow comme d'hab' : on vire le préfet de l'Isère (on y a eu droit en Seine-Saint-Denis aussi), on stigmatise certaines populations et certains quartiers, on adopte une posture belliciste. Hortefeux, quant à lui, ne trouve rien de mieux que de dire "c'est la faute des Maires"! La Police municipale et la Vidéo-Surveillance seraient des réponses efficaces aux comportements émeutiers de Saint-Aignan ou aux exactions de caïds affiliés au grand banditisme (Grenoble) ? Menterie, fumisterie, basse politique à des fins purement électoralistes.
A gauche, je suis le premier à le déplorer, guère mieux : Grenelle de la sécurité, retour de la police de proximité. Avec ça, nous n'irons pas bien loin...
Alors que faire ? Tout d'abord mettre des policiers là où nous en avons réellement besoin ! En Seine-Saint-Denis plutôt que dans les beaux quartiers parisiens ! Ensuite, il faut en finir avec le turn-over des préfets, des commissaires et des agents de police. 3 préfets en moins de 24 mois dans notre département, ce n'est pas sérieux ! Et ce n'est guère mieux au commissariat de Bondy. Il faut une implantation territoriale durable (3 ans au moins) des représentants de l'ordre public, du sommet de la hiérarchie aux agents sur le terrain. Des représentants des forces de l'ordre en nombre suffisant, connus et reconnus, voilà la condition indispensable pour passer d'une répression souvent inefficace, car à contre-temps, à une présence visible, réactive et donc dissuasive. Qui plus est, à moyen termes, cette présence sur le terrain, en continue, une fois les quartiers pacifiés, doit permettre la mise en oeuvre d'une vraie politique d'éducation et de prévention.
Enfin, à plus long terme, pour pérenniser la "normalisation" de la vie dans les quartiers, il faut repenser l'aménagement du territoire pour favoriser l'essor économique des zones arides. A cet égard, le Grand Paris semble parti dans la mauvaise direction avec ce projet de Super Métro qui favorisera la spéculation immobilière mais ignorera des territoires qui ont besoin de se développer, je pense en premier lieu à l'Interco Est Ensemble (Pantin, Montreuil, Romainville, Bobigny, Noisy-le-Sec, Bondy, Le Pré-Saint-Gervais, Bagnolet et les Lilas).
Il faut une véritable péréquation entre les collectivités locales les plus riches et celles ayant les besoins de développement les plus urgents. Il faut dépenser différemment, plus efficacement, les millions d'euros du Grand Paris, mais aussi de la rénovation urbaine, car il ne sert à rien de faire de beaux immeubles aux normes HQE dans des quartiers où l'on ne traite pas le problème de l'échec scolaire et du chômage. C'est au prix d'une véritable politique d'essor économique et d'aménagement des zones sensibles que nous répondrons efficacement et durablement au défi de la sécurité de nos concitoyens.
Publié dans Homo Politicus | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : sécurité, grenoble, saint-aignan, grand paris, sarkozy, hortefeux, laurent quinet |
|
samedi, 17 juillet 2010
Affaire Woerth, le Sarkozysme au révélateur

Encore une bombe médiatique, encore un scoop, encore des révélations... Décidément, les officines étrangères ne manquent pas d'imagination mon Bon Président Sarko ! Le Monde daté du 18-19 juillet nous informe donc que Patrice de Maistre, lors de sa garde à vue, a reconnu que Florence Woerth avait été recrutée à la demande de son époux, Eric Woerth. Au-delà de ce nouvel épisode du "Woerthgate", qui fait que l'étau autour du Ministre du budget se resserre chaque jour un peu plus, l'ensemble de l'affaire est un parfait révélateur de ce qu'est le sarkozysme. Faisons donc le tour du propriétaire...
L'absence d'éthique...
Conflit d'intérêt, fraude fiscale et, à présent, trafic d'influence sont donc les ressort de la "méthode Woerth". Or, Eric Woerth est depuis longtemps le grand argentier du Sarkozysme : financement de la campagne présidentielle de 2007, trésorier de l'UMP et ministre du Budget. Là où y'a une cagnotte, là où y'a du flouze, c'est Eric qui s'y colle ! Néanmoins, amis lecteurs ne vous y trompez pas, Eric Woerth sera bientôt lâché en rase campagne par le résident du palais de l'Elysée. On nous expliquera alors que tout était l'oeuvre d'un seul homme, ce brave Eric qui aura trompé tout son monde, notamment l'UMP et le Gouvernement ! Une fable de plus : Eric Woerth est l'homme clé, l'homme de confiance du système. Un système dévolu à la toute puissance de Nicolas Sarkozy; un système voulu et pensé par celui qui occupe les plus hautes fonctions de l'état; un système largement inspiré du chiraquisme et de l'état RPR. Bref, il est ici question d'un dispositif conçu pour financer les intérêts politiques et personnels du Sarkozysme. Un dispositif élaboré pour assurer le retour sur investissement des lobbys qui le financent : non seulement par des décisions politiques significatives (bouclier fiscal, mainmise sur les médias, tec.) et par une certaine capacité à ignorer les efforts d'optimisation fiscale de certain(e)s. Ah ! C'est vraiment pas de bol ce contentieux familiale qui dégénère en affaire d'état. Toujours est-il que les copains et les coquins sont parfaitement en cour. L'éthique, la droiture, la transparence, c'est bon pour les loosers, pour ceux qui ont un complexe avec l'argent ! Et si notre résident du palais de l'Elysée n'avait jamais cessé d'être un avocat d'affaires ?
Le mépris des électeurs, des citoyens et de la démocratie...
Calomnies, officines étrangères, trotskystes, fascistes, populistes... La presse indépendante et d'investigations (Mediapart et le Canard enchaîné), les blogueurs et le web ont été frappés de tous les anathèmes. Blanc et Joyandet comme fusibles (et encore Sarko a été en partie mis devant le fait accompli). Omniprésence des leaders du Sarkozysme dans les grands médias pour seriner chaque jour les mêmes fables : Eric est l'honnêteté faite homme; il travaille trop pour savoir qu'il pouvait être en position de conflit d'intérêt; c'est la faute du ouebe qui propage le mensonge et la calomnie; l'ultra gauche et des puissances étrangères sont à la manoeuvre etc. Bref, pas une once de remise en question, pas même le début d'un mea culpa, pas même le début d'une remise à plat des méthodes, des procédures et des règles éthiques en vigueur dans les ministères. Elle est loin la "République irréprochable" vendue pendant la campagne des présidentielles 2007 ! Comment croire encore "au travailler plus pour gagner plus" quand des rapaces âpres au gain organisent le "magouiller plus pour gagner plus" ? Au-delà de l'escroquerie électorale, le plus choquant reste sans doute le déni de démocratie. Plus besoin de rendre des comptes ! Pourtant, rien que le conflit d'intérêt avéré et reconnu (par Mme puis par Eric Woerth lui-même) aurait dû justifier la démission du ministre du travail. Souvenez vous de la démission du ministre Allemand pour être parti en week-end avec sa voiture de fonction... Quand on est ministre en Sarkozye, on ne rend pas de compte, on avoue pas, surtout l'évidence même ! On est là pour se servir et surtout ne pas servir la nation et encore moins protéger les intérêts des citoyens et des contribuables (sauf quand on est un puissant).
Nous nous dirigeons inéluctablement vers une crise institutionnelle et politique grave dont la probable démission d'Eric Woerth ne sera qu'un épiphénomène, d'autant plus qu'elle interviendra trop tard. C'est la crédibilité de l'ensemble de la sphère politique qui risque d'être une fois de plus gravement entamée. Sarko restera peut-être dans l'histoire... Comme fossoyeur de la Vème République ?
Publié dans Homo Politicus | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : sarkozy, woerth, démission |
|
mardi, 29 juin 2010
Sarkozy a déjà perdu face à la Rumeur

La rumeur enfle... Le Fouquet's, le yacht Bolloré, l'augmentation du "salaire présidentiel", le Prince Jean et l'EPAD, les copains et les coquins du gouvernement si nombreux à s'empiffrer sur le dos de la République, le Ministre de l'intérieur pris la main dans le sac des petites phrases nauséabondes, le Ministre du Budget qui ne sait pas ce qu'est un conflit d'intérêt... Le Canard Enchaîné et les sites d'info indépendants ne vont bientôt plus suivre le rythme, chaque semaine apportant son lot de révélations et de scandales. Elle court, elle court, la rumeur.
Mais déjà en 2002, Sarkozy (désolé, je n'arrive plus à l'affubler du "Monsieur le Président" de rigueur, le titre est trop dévoyé avec ce personnage) avait essayé de tordre le cou à la Rumeur. En 2002, alors Ministre de l'Intérieur, il avait intenté un procès contre Hamé le leader du groupe de Rap La Rumeur pour "diffamation, atteinte à l'honneur et la considération de la police nationale". Oui, rien que ça ! Tout ça pour avoir écrit un article, "l'insécurité sous la plume d'un barbare", dans un fanzine assez confidentiel, expliquant que les jeunes des banlieues sont avant tout des victimes de l'insécurité.
8 ans plus tard, de TGI, en cours d'appel, Sarkozy a vu sa demande de pourvoi en cassation définitivement rejetée au motif que "dans une société démocratique, on a le droit de porter des jugements sévères sur les institutions". Tiens, une décision de justice que Hess et Vall auraient pu méditer avant de virer Guillon et Porte. Non, ça n'a rien à voir ? Oh, si peu...
Publié dans Good vibes, Homo Politicus | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : la rumeur, hamé, sarkozy, laurent quinet |
|
samedi, 08 mai 2010
La France est un paradis fiscal

J'ai les nerfs... Alors que la Grèce est injustement stigmatisée, qu'on lui impose un plan de rigueur sans précédent (que nous serions bien incapables de mettre en oeuvre en France) dans un délai incroyablement court (3 ans). Alors qu'en France, justement, Fillon se met à jouer les pères la rigueur. Sarkozy refuse de revenir sur un "pilier" de sa politique : le bouclier fiscal. Pourtant ce bouclier, et toutes les niches fiscales qui vont avec, aurait bien besoin d'être raboté (erradiqué ?) pour plus de solidarité et moins d'injustice et inégalité. Nos finances publiques ne s'en porteraient pas plus mal, hein ?
Bref, vous l'aurez compris, la rigueur ne sera pas la même pour tout le monde. Nous, les précaires, les classes défavorisées, les classes moyennes, nous paierons cash la factures des spéculateurs et des Banksters (copyright "je ne sais plus qui" mais je trouve la formule excellente !). Nous, les contribuables, les avons aidés sans rechigner au plus fort de la crise des subprimes. Maintenant, ce sont les mêmes, au nom des lois du marché (celui là faudrait lui apprendre à vivre avec plus de régulation) qui appliquent "des primes de risque" sur les dettes d'état. Que croyez vous ? Sarko, Fillon & Co. flippent sévère de voir le triple AAA français dégradé d'où ce gel des dépenses de l'état. CQFD
Mais pendant ce temps, d'autres, à l'abri du bouclier fiscal vont continuer à se gaver... Vous ne me croyez pas ? Tenez, un exemple absolument symptomatique. 3248. C’est, en euros, le revenu annuel déclaré par 14 contribuables qui ont, malgré la modicité de ce revenu, bénéficié du « bouclier fiscal » en 2009. Il faut dire que chacun de ces contribuables possédait un patrimoine supérieur à 16 millions d’euros. Comment trouver une meilleure illustration de l’utilisation intensive de certaines « niches fiscales » pour échapper à l’impôt ?
La rigueur ne sera pas la même pour tous... La France du Sarkozysme devient un paradis fiscal rampant.
Publié dans C'est la vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : bouclier fiscal, niches fiscales, sarkozy, fillon, injustice, inégalités |
|
jeudi, 06 mai 2010
Des chiffres pour réfléchir... (V) : 23
Publié dans Homo Politicus | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
| Tags : sarkozy, médecins, franchises médicales |
|



